Le marché français des granulats poursuit son ajustement. Après une année 2025 autour de 300 millions de tonnes, les volumes devraient légèrement diminuer en 2026. Pour l’ensemble de l’année, l’Unicem table désormais sur une baisse comprise entre 2 et 4 %. La production pourrait ainsi se situer autour de 288 à 294 millions de tonnes. Un niveau inférieur à 300 Mt, certes, mais qui doit être replacé dans un contexte plus large : celui d’un marché qui s’adapte aux évolutions du bâtiment, des travaux publics et des infrastructures.
Une demande qui reste importante
Le chiffre de production ne doit pas masquer les besoins toujours considérables de l’économie française. Routes, réseaux, ouvrages d’art, bâtiments, nécessitent chaque année d’importants volumes de granulats. La France consomme ainsi environ 400 millions de tonnes de granulats par an, dont près de 300 millions de tonnes de granulats naturels et environ 100 millions de tonnes issus du recyclage. Autrement dit, même dans une période de ralentissement, les granulats restent au cœur de l’activité de construction et d’aménagement du territoire. Le véritable enjeu pour les prochaines années est donc moins celui d’une disparition de la demande que celui de son évolution : quels volumes seront nécessaires, où seront-ils consommés et avec quelles ressources ?
Une reprise encore attendue
Le premier semestre 2026 n’a pas encore permis au bâtiment de retrouver un rythme suffisamment soutenu pour entraîner l’ensemble de la filière des matériaux. Le béton prêt à l’emploi, qui constitue un indicateur important de la demande en granulats, reculait ainsi de 8,6 % sur un an cet été, et de 5 % sur les six premiers mois de l’année. Mais les perspectives à moyen terme peuvent être envisagées avec davantage d’optimisme. Une reprise progressive de la construction, des travaux d’entretien des infrastructures et des investissements publics pourrait soutenir la demande de matériaux dans les prochains mois. Pour les producteurs de granulats, cette période de moindre activité constitue aussi un moment pour préparer la prochaine phase du marché.
En effet entre la modernisation des installations de concassage et de criblage, l’amélioration des performances énergétiques, automatisation, optimisation du transport ou développement de nouvelles solutions de recyclage : les investissements engagés dans les carrières ne se limitent pas à l’augmentation des capacités de production. L’objectif est aussi de produire plus efficacement et avec une empreinte environnementale réduite.
Autre enjeu : la production locale. Les granulats sont des matériaux pondéreux dont le transport représente rapidement une part importante du coût et de l’impact environnemental. L’Unicem estime à environ 50 kilomètres la distance moyenne entre une carrière et son lieu de consommation. Maintenir un réseau de carrières réparties sur le territoire reste donc essentiel pour répondre aux besoins des chantiers dans de bonnes conditions.
Le passage sous les 300 millions de tonnes attendu en 2026 est donc avant tout un indicateur de conjoncture. Il ne préjuge pas des besoins futurs. Avec la reprise des investissements dans le logement, les infrastructures et les travaux publics, la demande pourrait progressivement retrouver de la vigueur.
Copyright : Unicem